La guidance écrite : votre tirage complet, rédigé et envoyé sous 48 hLa guidance écrite : votre tirage complet, rédigé et envoyé sous 48 h
La guidance écrite 34 €

Tirer les cartes avant d’écrire un mot : ce que l’oracle de Belline m’a appris sur le langage des organisations

Je tire une carte chaque matin. Pas pour prédire l’issue d’une réunion, encore moins pour deviner qui va m’appeler. Simplement parce que l’oracle de Belline, avec ses 53 figures un peu surannées, me force à formuler une question claire avant d’avoir la moindre réponse. Et formuler une question claire, dans une organisation, c’est déjà la moitié du travail.

Le principe rejoint celui d’un dictionnaire-managementdetransition.com : nommer les choses avec précision avant de vouloir les changer. Un lexique ne donne pas de solutions, il donne des mots justes. Un jeu de cartes non plus. Les deux outils butent sur le même obstacle — un vocabulaire flou — et proposent la même sortie : ralentir, choisir un terme, voir ce qu’il éclaire.

La carte du jour n’annonce rien, elle déplace le regard

Quand je sors « la Trahison » un lundi matin, je ne cours pas vérifier qui m’a menti. Je me demande plutôt : quelle promesse ai-je faite trop vite cette semaine ? La figure fonctionne comme un miroir déformant, pas comme un radar.

Cartes et tiragesTirer les cartes avant un séminaire au bord de la mer : ce que l’oracle de Belline raconte vraiment

Même mécanisme avec le tarot de Marseille. Le Deux de Bâtons ne dit pas « tu vas signer un contrat ». Il pose une question du genre : qu’est-ce que je tiens d’une main et qu’est-ce que je refuse de lâcher de l’autre ?

Les 53 cartes de Belline, le tarot, le jeu de 32 — trois grammaires différentes pour un même exercice d’attention. On ne lit pas l’avenir. On relit sa situation avec les mots de quelqu’un d’autre.

Ce que le vocabulaire fait au réel

Une consultante que je connais, spécialisée dans les transformations d’équipes, tirait elle aussi ses cartes avant chaque intervention. Elle racontait qu’un tirage lui avait fait nommer « peur » ce que le client appelait « résistance au changement ». Trois mois plus tard, l’équipe parlait de la même chose avec ce mot-là, et les réunions duraient moitié moins longtemps.

Je crois dur comme fer que les organisations échouent moins par manque de méthode que par manque de vocabulaire partagé.

Cartes et tiragesTirer les cartes avant de partir en Dordogne : ce que l’oracle dit d’un emplacement

C’est là que le rapprochement avec un dictionnaire du management de transition devient moins farfelu qu’il n’y paraît. Un tel lexique recense des expressions qu’on emploie tous les jours sans savoir ce qu’elles recouvrent : subsidiarité, mode projet, gouvernance partagée, intrapreneuriat. Chaque entrée fait exactement ce qu’une carte fait à celui qui la tire — elle oblige à préciser.

Trois figures, trois questions à poser en réunion

J’ai pris l’habitude de traduire certains tirages en questions directement utilisables en comité. Ça fait sourire au début. Puis les gens répondent.

  • La Maison (Belline) : qu’est-ce qui, dans notre structure actuelle, tient encore debout tout seul et qu’on continue pourtant à surveiller ?
  • Le Bateau (Belline, encore) : qui rame et qui regarde la rive ? La question a divisé une équipe de neuf personnes en deux camps très nets, en moins de dix minutes.
  • Le Valet de Coupes (tarot) : quelle information circule entre nous uniquement par des canaux officieux ?

On peut trouver tout cela un peu perché. Je l’assume. La différence avec une séance de brainstorming classique, c’est que personne ne cherche à avoir raison : la carte n’appartient à personne, donc chacun peut projeter sans se sentir jugé. Le détour par une image neutre désamorce la hiérarchie.

Un rituel, pas une croyance

Six tirages gratuits par jour, comme le propose Oleanna Médium, suffisent largement à qui veut tester l’exercice. Pas besoin d’y croire pour que ça marche. Il faut juste accepter de perdre cinq minutes et de noter la question qu’on a posée avant de retourner au quotidien.

Le reste — la signification des cartes, les arcanes, les figures — sert surtout de réservoir de métaphores. Un bon manager n’a pas besoin d’un voyant. Il a besoin d’un stock d’images assez varié pour dire ce que son équipe n’arrive pas encore à formuler. Et parfois, curieusement, une vieille carte un peu jaunie fait mieux le travail qu’un PowerPoint de quarante slides.

Donnez votre avis

★★★★★

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !


Réagissez à cet article

Partagez votre réaction